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Les carnets web de l'écrivain Stanley Péan

Jour 2: Il faut célébrer les fêtes comme elles tombent…

Si l’on en croit un proverbe alsacien, il faut célébrer les fêtes comme elles tombent. On pourrait presque en dire autant des bombes, en levant les yeux vers l’obus prussien qui s’est logé dans la façade de l’Hôtel de la Cathédrale en 1870: il faut accepter que les projectiles tombent là où ils tombent.


Promenades dans Strasbourg, sous la grisaille de mars. D’abord seul, après le petit déjeûner. J’aime bien cette sagesse populaire, qui imprègne jusqu’à l’air de cette ville deux fois millénaire, fondée par les Romains, que se sont si longtemps disputée Français et Allemands. Malgré la fatigue extrême qui me galvanise les membres, j’ai aimé la retrouver vingt-trois ans après ma visite initiale, en compagnie de mes amis les Duchesne et de mon oncle Dieter et son amie Brigitte. Je sors tout juste de table, un dîner diablement bien arrosé au Caveau du Diable, justement, le Caveau Gurtlerhoft pour le nommer précisément, une immense et conviviale cave voûtée où André avait choisi de célébrer la fête de son épouse Hélène.

Nous avons quasiment passé la journée ensemble, le couple et moi; nous nous étions rejoints à midi pour le déjeuner (succulent baeckehoffe à La Petite Alsace), suivi d’une promenade dans la Petite France. Ils sont tellement beaux à voir, mes amis, mariés depuis plus de trente ans. Je les regarde et me rappelle cet autre proverbe alsacien: vieilles amours ne rouillent pas. L’idée est d’autant plus appropriée qu’André, dont le coude a la proverbiale légèreté que l’on sait, préfère de beaucoup le vin à l’eau…

De retour à l’hôtel brièvement en fin d’après-midi, j’avais été arraché aux rêveries où m’avait plongé un disque de Cyrille Aimée par un appel de mon oncle, qui me signalait son arrivée au Rohan. Et un hasard digne d’un roman de Paul Auster avait voulu que Dieter et moi croisions Marie-Hélène, la nièce de Patsy, domiciliée depuis huit ans à Strasbourg, qui s’est spontanément jointe à nous deux pour l’apéro. Elle a le coeur gros, la Marie-Hélène, à l’idée de quitter l’été prochain cette ville où elle a passé le tiers de sa vie de jeune femme, avait besoin d’en parler et on la comprend.

Le souper d’anniversaire d’Hélène, arrosé comme il se doit de vins régionaux, s’est prolongé pendant prés de trois heures dans l’ambiance chaleureuse et étonnamment feutrée du Caveau Gurtlerhoft. André, Hélène, Dieter, Brigitte et moi sommes pourtant montrés raisonnables, ayant repris le chemin de l’hôtel sans céder à la tentation de l’excès. Et me voilà à vous relater la soirée en faisant le tri dans mes photos dignes d’un touriste japonais. Le congé tire à sa fin cependant; jeudi matin, après la seconde et brève escale à Paris, je m’envole vers la Pologne pour retrouver Jacques Kuba Séguin qui entreprend une tournée au pays de ses ancêtres.

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