Malgré les obligations radiophoniques, présidentielles et paternelles, je m’entête à vouloir mettre bientôt le point final à la première mouture complète de Dis, bizango, à quoi rêves-tu? Et à cette fin, j’essaie de ne pas trop me laisser distraire par les farces tragi-comiques qui se jouent en Haïti autour de la controversée candidature de Wyclef Jean à la présidence de la république ou au Québec autour de la comparution de l’ancien Ministre de la Justice Marc Bellemarre devant la commission Bastarache.
Résolu à mener à terme ce projet romanesque, j’ai mis à contribution Tommaso Gobi de la maison Marco Tropea, mon éditeur milanais, avec qui je voulais notamment vérifier la justesse des expressions en italien qu’utilise l’une des héroïnes de mon bouquin. Du coup, sa charmante patronne Cristina Ricotti a repris contact avec moi, notamment pour me signaler deux nouveaux échos médiatiques de mon passage à Milan dans la foulée de la sortie de Zombi Blues en italien, l’entrevue que j’avais accordée au Giornale de Brescia le (le samedi 14 août dernier) et la chronique polar de Piero Colaprico à l’émission Libro d’Amarede la webtélé du quotidien Repubblica (ce dimanche 22 août; le passage sur mon livre débute vers 16 minutes 15 secondes). Au risque de passer pour narcissique aux yeux de cette internaute qui me reprochait qu’il soit question de mon oeuvre et de moi dans ces carnets pourtant conçus à cet effet par mes éditeurs montréalais et moi, je les reproduis ici.
Un autre encouragement à finir ce nouveau roman au plus vite, qu’on puisse passer à autre chose que ces échos d’un livre de mon lointain passé…
En marge de l’écriture du roman (et du scénario et des articles et des conférences à venir), en marge de l’office quotidien à la chaîne musicale de Radio-Canada, il reste les plaisirs de lecture… et de relecture. Plongé simultanément dans les pages de quelques nouveautés québécoises ou étrangères dont je dois rendre compte dans Le Libraire ou à l’émission Vous m’en lirez tant qui reprend l’antenne la semaine prochaine, j’ai trouvé le temps de relire certaines de mes pages préférées de l’oeuvre de Jorge Luis Borgès, un de mes maîtres absolus, auquel je consacre un court essai à paraître dans la foulée des activités du festival littéraire de Québec. Et, après m’être prêté au jeu de deux entrevues sur la rentrée littéraire en ma qualité de président (sortant) de l’UNEQ, je dois enregistrer mon émission de jazz de ce soir pour mieux me dédoubler: histoire de souligner la présentation de l’exposition Une histoire du jazz à Montréal, j’ai en effet accepté de lire des extraits de mes oeuvres et de rencontrer les clients de la librairie Monet (Galeries Normandie, à Montréal) ce jeudi 19 août dès 19 heures. Nous y verrons-nous ?
Événement spécial! Soirée lecture et jazz
Dans le cadre de l’exposition Une histoire du jazz à Montréal nous vous invitions à une soirée tout en lecture et jazz! Stanley Péan lira des extraits des œuvres Jazzman et Zombi blues. Il sera accompagné du groupe Warhol Dervish, un trio de violon, violoncelle et alto.
Écrivain, journaliste et passionné de jazz, Stanley Péan a écrit plusieurs romans et recueils de nouvelles. Il a également publié des récits dans des revues littéraires québécoises et européennes, et collaboré à de nombreux collectifs de nouvelles. Conférencier recherché, il participe souvent à des colloques sur la littérature, tant au Québec qu’en France et aux États-Unis.
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Réservation obligatoire : reservations@librairiemonet.com ou 514-337-4083
N’en déplaise à la capiteuse Sade qui chantait que rien n’est jamais aussi bon que la première fois (même moi, je proteste devant pareil pessimisme!), j’éprouve plus de plaisir à écrire ce roman-ci qu’aucun autre auparavant. Ayant passé à l’aube le cap des 250 feuillets (selon mon estimation, les deux tiers du total), l’intrigue progresse vers sa résolution que j’entrevois un peu mieux maintenant que tous les personnages et enjeux sont placés.
Chez mon éditeur, on semble se réjouir de l’idée que je respecte (enfin!) la nouvelle échéance que j’avais moi-même fixée. Et la semaine dernière, j’ai eu le plaisir de dîner en compagnie de cette tendre forcenée de Geneviève, qui assurera vraisemblablement la direction littéraire de cette oeuvre et qui m’avait demandé ce qu’il lui faudrait lire à propos de la figure mythique du bizango, infiniment moins connue que celle du zombi. Ce perfectionnisme, ce zèle sont tout à l’honneur de Ge, à qui le monde de l’édition n’a de toute évidence rien enlevé de ses réflexes d’intello.
En prévision de cette rencontre, j’étais d’ailleurs précédemment passé chez mon ami, mentor et ex-directeur de thèse à l’université Maximilien Laroche, dans le but de lui subtiliser un exemplaire de son essai Mythologie haïtienne; Maxi avait estimé judicieux d’annexer au bouquin le texte français de l’entrée qu’il avait rédigée sur le bizango pour une encyclopédie brésilienne des mythes caribéens et latino-américains. Armée de toute cette documentation, Ge se métamorphosera bientôt une experte ès bizango, même s’il me plaît de croire que ce savoir théorique n’est absolument pas un pré-requis pour la lecture de ce qui n’est après tout qu’un simple roman. Je regrette par contre de ne pas lui avoir recommandé plutôt l’écoute en boucle de ce thème de Herbie Hancock dont le riff obsédant me hante depuis la rédaction de mon incipit…
Comme quoi il n’y en a pas que pour Zombi Blues, relancé à la faveur de l’édition italienne parue ce printemps, on me signale ce bref et élogieux compte-rendu de lecture sur Le Tumulte de mon sang paru sur le site Vers les îles. Ma foi, c’est une de ces critiques qui — nonobstant le fait qu’elle soit positive ou négative — donnent l’impression que le lecteur a analysé bien à fond le texte pour en déceller le tissu de références et de clins-d’oeil qui constitue la trame mon intrigue. Un petit velours… qui cependant ne me distraira pas de l’écriture de mon nouveau roman, que je reprends d’ailleurs à l’instant…
«Simple pleasures are the best,» chantait autrefois Bobby McFerrin — et, en dépit de la candeur de ce lieu commun, il se pourrait fort bien que parfois le jazzman n’ait pas tort sur ce point. C’est la réflexion que je me suis faite au terme de la journée et demie passée sur la terre laurentienne de mon pote André Lemelin, samedi et dimanche dernier: me retrouver loin de la ville en compagnie de quelques personnes plus chères à mon coeur, à partager ces plaisirs simples, m’a fait un bien immense.
Et la suite — ces quelques jours que je passe auprès des kids à Sainte-Foy — n’est pas dénuée de moments agréables, malgré les incessantes prises de bec de Laura et Philippe. Comme il a fait relativement beau, en dehors de la grisaille qui nous a fait annuler un pique-nique champêtre hier, les activités ont à ce jour tourné autour du pseudo-badminton, du pseudo-soccer ou de pseudo-combats à l’épée qui ne sont jamais que des prétextes de prendre l’air et du soleil.
En somme, en ce qui me concerne, l’ennui principal consiste à me ménager des plages horaires pour mes divers projets d’écriture: le roman, les révisions sur un scénario, le texte d’accompagnement des photos d’un beau livre sur la région de Québec, etc. (Si bien que Patsy, métamorphosée en lectrice/réviseuse depuis l’autre week-end, s’est plainte en blague de ne plus avoir de bonnes feuilles de Bizango à se mettre sous la dent — ce qui encore une fois me confirme l’intérêt potentiel de ce livre même pour des lecteurs qui ne fréquentent pas assidûment la littérature fantastique.)
Le tout est une question d’équilibre, je suppose. Et pour le moment, mon truc consiste à me coucher relativement tôt, selon mes propres standards, de manière à être au clavier à l’aube, tandis que la maisonnée dort encore. Comme c’est le cas aujourd’hui. Et sur ce, dans la grisaille de ce matin d’août, je retourne aux drames et au suspense de Bizango, mais pas sans vous avoir offert ce souvenir de plaisirs simples…
Comme je l’écrivais ce matin à Hélène, mon éditrice, avec qui je clavardais brièvement via Facebook, j’ai franchi hier le cap des deux tiers de Bizango, mon roman en chantier depuis trop longtemps déjà et dont j’entends déposer une première mouture complète à la fin du mois. Ces dernières semaines, au fur et à mesure que les feuillets se sont accumulés — j’en suis à plus ou moins deux cents, ce matin –, mon intrigue s’est complexifiée, les liens entre les divers personnages et leurs actions se sont précisés et, ma foi, je suis assez content de l’avancement du projet. D’ailleurs, je suis ces jours-ci dans un état de fébrilité obsessive qui ne m’est pas étranger (ce n’est pas mon premier roman), et je ne pense plus qu’à ce livre, ne parle que de lui, en rêve même certaines nuits — ce qui peut être assez agaçant par moments pour mes proches. Cela dit, le week-end passé, Patsy m’avait offert de profiter d’un aller-retour qu’elle devait faire à Montréal pour lire et annoter le manuscrit inachevé; je me suis réjoui de la savoir captivée par ce suspense et ses protagonistes et avide de connaître la suite de l’histoire – elle qui n’est pourtant pas friande de littérature fantastique. En somme, tout ça est de bon augure. Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, ni celle du bizango avant de l’avoir tannée… Selon mon estimation, il me reste une bonne centaine de pages à écrire, sinon plus, pour en arriver à une conclusion satisfaisante de cette histoire mystérieuse à souhait.
Sonia Johnson au «Carré de nos amours» (Photo: Mathieu Rivard)
Bonne nouvelle pour Sonia Johnson: au terme d’une gestation et d’un accouchement épiques, son équipe et elle ont terminé hier le mixage de son deuxième album, Le Carré de nos amours. Hip hip hip, houra! Sur ce disque qui fait suite à Don’t Explain (2005), la flamboyante chante quelques uns de ses propres et magnifiques textes, de même que d’autres signés par Claude André, Charly Bouchara, Marc Chabot, Marie-Chantal Gariépy, Yves Lanthier, André McNicoll, Christian Mistral et trois des miens («Embrase-moi», «J’te dis pas tout» et «Le temps n’arrange rien»), le tout sur des musiques originales de son pianiste et arrangeur Luc Beaugrand, du contrebassiste Frédéric Alarie, de mon amiral Anthony Rozankovic et d’autres composées par elle. Outre les musiciens susnommés de son quartet que complète le batteur Camil Bélisle, elle a sollicité la participation d’un redoutable aréopage de jazzmen d’ici, nommément André Leroux aux saxophones, Ron Di Lauro à la trompette, Muhammad Abdul Al-Khabbyr au trombone, Pierre Côté aux guitares, sans oublier Stéphanie Boulay, Mélanie Guay et Brother Vince Potel aux choeurs. Un rendez-vous pour les mordus de chansons de haut niveau, Le Carré de nos amours paraîtra sous étiquette Effendi en octobre.
Une semaine loin du blogue… Je me suis laissé dire que les inconditionnels s’ennuyaient. Qu’ils se rassurent tout de suite, je n’ai pas abandonné mes carnets. Sans doute me suis-je tout simplement trop laissé accaparer par l’écriture de mon roman, m’étant pour une fois imposé une discipline d’écriture digne de l’armée. Je me suis quand même autorisé le plaisir d’aller voir Inception de Christopher Nolan au cinéma il y a quelques jours, en compagnie d’une amie de passage à Montréal. Imperméable à la campagne promotionnelle excessive qui avait précédé la sortie du film, je n’avais strictement aucune attente, je n’y suis allé que pour faire plaisir… et j’ai été tout à fait enthousiasmé par cette oeuvre époustouflante, marquée par l’influence de l’oeuvre de Philip K. Dick — au contraire de l’éternel objecteur de conscience Richard Martineau qui a été profondément déçu, ainsi qu’on pouvait le lire dans une de ses récentes chroniques toujours aussi poussives. Tous les goûts sont dans la nature, j’en conviens, et tous les égoûts vont dans la nature, certes, mais il semble que le propos métaphysique d’inspiration dickienne, voire borgésienne sur la nature de la réalité ait échappé à notre franc-tireur qui ne retient de ce film volontiers touffu et peut-être bavard par moments que ce qui, selon lui, confortera les tenants de la théorie du complot.
Misère! Chaque fois que je lis les ruminations narcissiques de ce mec, j’ai l’impression de mettre le nez dans les travaux de fin de session bâclés d’un cancre en études cinématographiques de l’université Concordia. Cela dit, on ne peut guère attendre de réflexion mieux articulée de la part de quelqu’un qui déplorait il n’y a pas si longtemps que le côté sombre de la bande annonce de Polytechnique ait ruiné une sortie au cinéma impromptue avec sa blonde. Pourtant, en matière de science-fiction dickienne, Martineau semble s’y connaître, lui qui dans une chronique de janvier 2008 faisait de la Révolution tranquille, du mouvement nationaliste québécois et de la création des cégeps… des conséquences de Mai 68! (Oui, je sais: bonjour le sens de la chronologie!)
Tiens, pour illustrer mon propos, ce florilège de saynètes tellement pertinentes de Marc Labrèche à propos de ce «journaliste pigiste indépendant libre-penseur qui a le courage d’être impartial tout en ayant la bouche par en-bas»…
Depuis quelques semaines déjà, j’ai pris l’habitude de fréquenter le blogue que tient mon ami cinéaste, poète et aviateur du dimanche Pierre Bastien sous le titre faussement rassurant d’Homme à tout faire. Quoique joliment polyvalent, Pierre Bastien n’a rien d’un homme à tout faire. Personnellement, je l’ai connu au milieu des années 90, un peu à cause du défunt mensuel littéraire Lectures à la rédaction duquel j’appartenais au même titre que sa blonde de l’époque. Nos liens, dois-je l’avouer, se sont liés autour d’une quantité incalculable de pichets de bière ingurgités dans ces soirées bien arrosées qui suivaient souvent les réunions de Lectures… et d’une certaine idée partagée de la fonction de l’art et de la littérature à notre époque. En 1998, pendant les semaines où sévissait au Québec la fameuse crise du verglas, Pierre et moi sommes allés tourner un film sur mon rapport particulier à mon pays natal, intitulé Carnets d’un Black en Ayiti. Le projet de ce moyen-métrage était fort simple: on y proposait de faire le tour de cette tragique moitié d’ile sous le regard inquisiteur de sa caméra pour en dévoiler les aspects qui pouvaient être moins familiers à ce fils de l’immigration qui avait grandi dans loin de son pays d’origine. Or il se trouve que, dans son billet d’aujourd’hui («Oka et le racisme ordinaire»), Pierre évoque justement l’un des épisodes les plus déplaisants que nous ayons vécus en Haïti et le met en parallèle avec la Crise d’Oka dont on commémore le vingtième anniversaire. Belle occasion pour moi d’attirer votre attention sur ce blogue, qui vaut vraiment le détour régulier…
Sitôt revenu au bercail, sitôt revenu au boulot. En matinée, pas trop rouillé de ma semaine loin du micro au cours de laquelle j’ai été remplacé avec brio par le sympathique Vic Vogel, j’ai exceptionnellement enregistré l’émission qui sera diffusée en début de soirée à l’antenne d’Espace musique — étant donné que j’accompagnerai au Musée des Beaux-Arts de Montréal la quinzaine d’auditrices et auditeurs qui ont gagné le «privilège» de visiter en groupe restreint l’exposition multimédia «We Want Miles!» en ma compagnie.
J’en profite pour signaler à celles et ceux qui l’ignoreraient qu’Espace musique propose depuis peu, en complément à cette merveilleuse exposition, deux parcours sonores à écouter sur son baladeur en déambulant à travers Montréal. Ces deux itinéraires traversent le quartier des spectacles et s’achèvent tout près du Musée, où l’on peut jusqu’au 29 août poursuivre son exploration de l’univers du Prince des ténèbres. À signaler: pour illustrer musicalement ces deux parcours, le réalisateur Cédric Chabuel a fait appel à mon fils illégitime, le pianiste cubano-montréalais Rafael Zaldivar, Révélation Radio-Canada Musique 2010-2011.