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Les carnets web de l'écrivain Stanley Péan

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Pause-réconfort (6)

4/02/2010 · 1 commentaire

Tiens, il y a quelques jours que je n’avais pas mis en ligne quelques uns de ces vers qui m’aident mieux que la prière à traverser les heures et les jours si sombres de cette saison maudite. Voici un extrait (les deux premières strophes) du poème que Georges Castera — que j’ai connu lors de mon séjour en Haïti pour le tournage du film de Pierre Bastien il y a douze ans — a fait paraître sur le site littéraire Cultures Sud. Il s’intitule tout simplement «Épellation du désastre»:

Le 12 février en plein jour
Port-au-Prince est entré
dans la nuit définitive
Depuis le pain n’est pas revenu
sur notre table quadrupède
carnivore et herbivore
Le vide affreusement
sur notre table a pris demeure
avec la soudaineté d’un infarctus

Je n’aime plus cette ville
Je suis seulement happé halé
par son vide
par son mouvement d’oiseau de proie
qui s’effeuille
dans l’énoncé du désastre

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À propos des charades…

2/02/2010 · 6 commentaires

Patrick Lagacé s’y attendait sûrement. Sa chronique publiée ce matin dans les pages de La Presse suscite déjà des réactions, et tout le monde n’est pas aussi indulgent à son égard que j’ai pu le paraître ce matin. Mon confrère Robert Berrouët-Oriol, poète et linguiste-terminologue, m’a confié ce texte qu’il a écrit en réponse à Lagacé.

L’AGAÇANT LAGACÉ, HARGNEUX ET MÉPRISANT ENVERS LES HAÏTIENS

Dans le quotidien montréalais La Presse du 30 janvier 2010, le journaliste Patrick Lagacé, connu pour ses frasques, récidive sans sourciller : «Haïti, malade de ses charades».  On peine à croire qu’il est à Port-au-Prince pour effectuer des reportages sur le séisme qui dévaste un pays déjà si fragilisé, tant son propos est hargneux, arrogant et méprisant envers les Haïtiens, en général, et ceux qui vivent ce drame, en particulier. Franc-tireur esseulé devenu trompette iconoclaste d’un certain journalisme de poubelle, et campé sur les ruines encore fumantes de Port-au-Prince dévastée le 12 janvier dernier, notre journaliste fulmine, invective, éructe et scrute, comme lui seul sait le faire, la face « noire » de l’âme haïtienne, ses travers sinon sa part maudite. Résumons sa pensée. 

1) Haïti ? Un cocktail de bullshiteurs : « J’en ai assez des charades d’Haïti. Tous le monde bulshite dans ce pays. LÉtat, les politiciens, les Haïtiens, les journalistes -ceux d’ici et d’ailleurs-, la proverbiale communauté internationale, les travailleurs humanitaires

2) Les Haïtiens sont tous des menteurs : «Tout le monde fait semblant». Ils sont également passifs et paresseux : «les Haïtiens, collectivement, sont d’une passivité épouvantable, déprimante et délétère». Pire, ils sont brutaux entre eux car « de dictateurs en putschistes, ils tolèrent ».

3) Gommant la déliquescence déjà connue de l’État et du pouvoir exécutif en Haïti, les Haïtiens osent s’en prendre à l’international, ils critiquent «non pas leur État minable, mais l’ONU, les États-Unis, la France…»

4) Monsieur Lagacé a le droit de tout dire : « Je crois avoir décrit l’urgence avec suffisamment de compassion pour avoir le droit, ici, juste une fois, de dire que les Haïtiens participent activement à leur malheur. Par passivité, justement

Alors 200 000 personnes seraient mortes, des centaines de milliers d’autres seraient portées disparues, sinistrées « par passivité » ou par « fatalisme » ? La charge est superficielle et borgne, on l’aura compris, au moment où chacun pleure la disparition d’un proche, d’un ami, d’un collègue québécois, d’un travailleur humanitaire, d’un policier canadien, d’un évêque catholique haïtien… Mais les préjugés comme les clichés réducteurs et xénophobes ont la vie dure, même en temps de crise gravissime, alors même que notre journaliste prétend, illuminé et condescendant, avoir « le cœur suffisamment brisé par suffisamment d’enfants affamés ». Et Patrick Lagacé, franc-tireur de l’amalgame, en a déjà commis d’autres, auparavant, à propos d’Haïti. Faudrait-il prendre pour acquis qu’il est à la recherche d’un lectorat et d’une notoriété qu’il n’a pas su, jusqu’ici, obtenir par des articles et reportages de qualité ?

Il est flagrant et désolant que les ‘’reportages’’ de Patrick Lagacé ne contribuent en rien à une plus grande intelligence du drame actuel. En prenant l’avion pour Haiti, l’agaçant Patrick s’est au préalable armé de ses habituels préjugés : fébrile, il part à la recherche de poubelles, d’égouts, de porcs, de montagnes de détritus, de bidonvilles exsangues, de cohortes de menteurs-bulshiteurs, de riches et insolents bourgeois roulant en Porsche Cayenne, d’« officiels qui bandent sur les titres », de chauffeurs haïtiens richissimes qui touchent… 200 $US par jour –alors, Patrick, tu t’es trompé de métier ?–, bref de toute une sous-humanité qui ne mérite que sa colère et son mépris… Qu’à cela ne tienne, Patrick Lagacé en a tellement marre « des charades d’Haïti » qu’il n’a pas vu passer, au motif de l’aide humanitaire et de la compassion journalistique, tous ces vautours qui font déjà leur beurre sur le dos des victimes.  Pourquoi les verrait-il, il en porte lui-même le déguisement compassionnel, voire la justification hallucinée…

Il serait sans doute fastidieux de démonter ligne par ligne les élucubrations ‘’journalistiques’’ de l’agaçant Patrick. Pour l’heure, je m’en tiens aux observations suivantes.

A) Dès les premières minutes du séisme, les habitants de Port-au-Prince, de Jacmel, de Léogane et de Petit-Goâve ont fait preuve, avec les moyens du bord, d’une exemplaire solidarité, quartier par quartier.

Contrairement aux fumeuses ‘’analyses’’ de Patrick Lagacé, les premiers secours à la population haïtienne sont le fait des Haïtiens eux-mêmes, qui en cela ont précédé l’indispensable solidarité internationale. On imagine mal comment de fieffés ‘’menteurs’’ et ‘’bulshiteurs’’, des êtres aussi indolents, ‘’brutaux’’ et ‘’fatalistes’’ aient pu, les mains nues, s’attaquer immédiatement aux gravats, secourir les blessés, trouver de rares médicaments… Faudrait-il de surcroît mettre en lumière l’empressement manifeste de plusieurs médecins et infirmières d’origine haïtienne du Canada et des États-Unis qui, sans hésiter, et dès les premières heures, sont allés porter secours à leurs compatriotes en détresse? De manière soutenue, la presse audiovisuelle canadienne et américaine en a témoigné avec retenue, respect et admiration.

B) Le drame haïtien habite toute la population québécoise et toute la société canadienne.

En tenant également compte des liens historiques entre le Canada et Haiti, qui remontent au 19e siècle, le séisme du 12 janvier 2010 interpelle la conscience citoyenne des Québécois et des Canadiens. C’est précisément cela que Patrick Lagacé ne tolère pas et qui alimente, une fois de plus, son intolérance, son aveuglement, ses demi-vérités, sa fascination pour l’amalgame raciste et xénophobe lorsqu’il écrit sur Haïti. Le journaliste de La Presse va à contre-courant de l’immense engagement solidaire dont les Québécois et les Canadiens ont fait preuve ces deux dernières semaines à l’égard des victimes du séisme. Et c’est un enfant de 6 ans, «Super Émile», qui, sans le savoir, lui répond avec l’intelligence du cœur : « En 24 heures, tout seul et de son propre chef, Émile a pris le téléphone, appelé grand-papa, grand-maman et à peu près tous les membres de la famille pour amasser des sous destinés aux victimes du séisme en Haïti. Au moment où j’écris ces lignes, il a déjà 165$ à remettre à la Croix-Rouge » (Tristan Malavoy-Racine, magazine Voir, « Le blogue de Tristan – Super Émile et Haïti », Montréal, 21 janvier 2010).

Pour conclure, je retiendrai que

  • La Presse a certainement commis une grave erreur de jugement en envoyant Patrick Lagacé couvrir le séisme qui a frappé Haïti;
  • le journalisme de poubelle, superficiel et sensationnaliste, constitue une violation du droit des lecteurs à une information de qualité;
  • le journalisme de poubelle pratiqué par l’agaçant Patrick est manifestement, pour les victimes du séisme en Haïti, un déni d’humanité et la scabreuse éthique qu’il est le seul à défendre frise l’indécence;
  • ses élucubrations ne contribuent pas à mieux faire comprendre le drame haïtien aux lecteurs de La Presse; et en cela aussi, ses prestations journalistiques sont d’une lamentable médiocrité;
  • contrairement à l’agaçant Patrick, de manière générale les journalistes canadiens –notamment ceux de Radio-Canada  et de TVA–, ont fait un travail remarquable, objectif, documenté, en couvrant jour après jour les derniers événements et en donnant voix à la formidable solidarité manifestée envers Haïti par les Québécois et les Canadiens.

Le mythe du  nègre « bon sauvage » –menteur et brutal, indolent, fataliste et paresseux–, naguère invalidé par Anténor Firmin (De l’égalité des races humaines) et Lévi-Strauss (Tristes tropiques), semble avoir la dent longue. Libre à un journaliste en quête de reconnaissance sensationnaliste de le colporter. À son insu, pourtant, l’agaçant Patrick nous oblige à interpeller la sagesse des peuples et du Poète : en tout temps et davantage en cas de sinistre, mieux vaut cultiver ce qui nous rassemble. Au premier chef, le respect mutuel et le combat citoyen pour la dignité.

(Nota : l’auteur est linguiste-terminologue et poète. Dernières publications : « En haute rumeur des siècles », poésie, 2009, éd. Triptyque; « Poème du décours », poésie, 2010, éd. Triptyque.)

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Finies, les charades…

2/02/2010 · 4 commentaires

Dépêché en Haïti par le quotidien montréalais La Presse, Patrick Lagacé a publié une chronique-choc qui laisse songeur et perplexe. Dans «Haïti, malade de ses charades», le franc-tireur met les (trois) points sur les I et la barre sur le T en jetant un regard sévère et pourtant (dit-il) pas exempt de compassion sur le drame haïtien. Il ne se gagnera pas beaucoup d’amis avec ce texte, qui hélas reconduit par moments certains stéréotypes teintés de xénophobie. Mais certaines vérités (y compris à propos de ce qui colore le regard de l’observateur) méritent d’être énoncées, ne serait-ce que pour crever l’abscès. À lire et à méditer.

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Une place parmi les vivants

2/02/2010 · Pas de commentaires

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Depuis le 12 janvier dernier, chaque nouvelle journée s’accompagne de questions, toujours la même en fait, déclinée avec des légères variations: As-tu eu des nouvelles d’Untel? Unetelle était-elle là-bas pendant le tremblement de terre? Sais-tu si Celui-ci et sa famille se portent bien? Les réponses ne viennent pas toujours spontanément, exigent parfois qu’on se renseigne, qu’on promette d’y revenir plus tard ou qu’on se taise. Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, à l’émission Haïti la nuit que j’animais à la Première Chaîne de Radio-Canada, j’ai lu ce fort beau texte du dramaturge et poète haïtien Syto Cavé qui, remercions-en la Providence, a survécu au séisme.

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2030 sera-t-elle culturelle?

1/02/2010 · Pas de commentaires

Tous ces efforts déployés pour sensibiliser mes concitoyens et concitoyennes à la gravité du drame haïtien ne m’ont pas dispensé de mes responsabilités de président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois; en témoignent la première réunion du nouveau c.a. jeudi dernier, nos discussions avec nos partenaires d’autres disciplines artistiques et cette lettre adressée au Premier Ministre Jean Charest, parue dans Le Devoir de ce matin:

2030 sera-t-elle culturelle?

Monsieur le Premier Ministre Charest,

Le 21 janvier dernier, vous preniez l’initiative de tenir un forum sur l’économie du Québec des vingt prochaines années. Dans cette période d’incertitude économique, il semble que vous ayez privilégié une posture consistant à maintenir un regard porté vers l’avenir. [...]

Vous pouvez lire la suite, dans la section «Divers» de ce blogue.

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Haïti la nuit

27/01/2010 · 3 commentaires

Depuis lundi, ainsi que je le signalais dans mon précédent billet, je collabore avec mon pote Ralph Boncy à la programmation musicale d’Haïti la nuit, la série d’émissions spéciales diffusées nuitamment à l’antenne de la Première Chaîne de Radio-Canada. À compter de ce soir, je prends la relève de mon collègue Bernard Faucher comme animateur de cette nuit de radio. Je suis crevé (normal, après trois nuits presque blanches), mais enthousiaste. Kenbe pa lage.

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Pause-réconfort (5)

27/01/2010 · Pas de commentaires

Entre la fin de mon émission de jazz à Espace musique et le début d’Haïti la nuit, la série d’émissions spéciales diffusées nuitamment à l’antenne de la Première Chaîne de Radio-Canada à l’équipe de laquelle je me suis joint lundi, j’ai fait la tournée des soirées de poésie au profit des organisations non-gouvernementales présentes en Haïti: celle présentée au Quai des Brumes par François Parenteau, celle organisée par Émile Martel du PEN Club et Claudine Bertrand tenue au Dépanneur Café et enfin celle animée par les membres de la formation funk Kalmunity.

Invité à prendre la parole dans ces trois lieux, j’ai lu à ces publics quelques vers de ces poètes haïtiens chez qui je trouve un brin de réconfort depuis quelques jours: Anthony Phelps (d’ailleurs croisé au Dépanneur), René Bélance et aussi James Noël, avec qui il était prévu que je fasse une tournée de quelques écoles de Port-au-Prince et des environs à l’occasion du festival Étonnants voyageurs.

Au Dépanneur, j’ai dédié plus précisément aux filles du défunt Georges Anglade et de son épouse Mireille Neptune, le poème de Noël («Ville de solitude», tiré de Poèmes à double tranchant / Seul le baiser pour muselière), dont voici un extrait: 

la mort se moque des âmes tendres
à coups de griefs
et coups de griffes
tel chat léchant un dernier geste de souris
ma ville souricière
ma ville trou de mémoire
ma ville seule s’attendrit
sur ses vagues chants de mer

la vie est véritablement vide
vide d’essence

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C.Q.F.D.

23/01/2010 · 8 commentaires

L’année dernière presque à pareille date, en réaction à son «analyse» de l’élection du président Obama, je résumais en ces termes le «procédé Martineau»:

On connaît le procédé Martineau, pour l’avoir vu à l’oeuvre dans les pages du Voir puis maintenant du Journal de Montréal/Journal de Québec (qu’il pourfendait autrefois, mais ne nous embarrassons pas de scrupules ou de convictions, ça pourrait nuire à la carrière!): identifier la position qui semble faire consensus et essayer d’articuler la position contraire, peu importe le ridicule de celle-ci. S’élever en perpétuel avocat du Diable, peu importe les inepties qu’il faudra proférer pour illustrer ce point de vue.

Avant même la fin du concert-bénéfice diffusé hier soir par l’ensemble des médias québécois, le chroniqueur tout-terrain de l’empire Quebecor avait ces pensées lumineuses à partager avec les internautes:

Ça ne sera pas drôle cette année pour les organisme de charité qui travaillent auprès des jeunes, des femmes battues, des sans abri…

Leur caisse va être à sec, tout le monde a donné de l’argent à Haïti! [...]

J’ai peine à l’admettre, mais la constance du type a quelque chose de quasiment admirable. Me revient en tête ce dicton cher à ma mère: «il n’y a que Dieu et les imbéciles qui ne changent pas.»

C.Q.F.D.

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L’union fait la force

21/01/2010 · Pas de commentaires

L'Union-fait-la-force

Plus que jamais, la devise nationale de la république d’Haïti s’impose comme un idéal et une nécessité. Elle s’est aussi imposée comme le titre du concert-bénéfice organisé par mon ami Angelo Cadet et son équipe, et auquel je prendrai part ce soir à mon sortir des studios d’Espace musique, au même titre que  Loco Locass, Paul Piché, Bad News Brown, Marco Volcy, Rebecca, Mélanie Renaud, Marc Antoine, Black Parents, Jonas et Corey Accoustic Band, Dramatik, Karma Atchykah, Moussa X-lim, Oliver Cheuwa, 4say, Chaplin, Les Garçons, Mapou Ginen, Maytiss, Gardy Fury, K-R!M et plusieurs autres. En l’occurrence, je me joindrai à mon pote le guitariste Harold Faustin et le contrebassiste Olivier Laroche, qui accompagneront ma lecture d’extraits de «Mon pays que voici» d’Anthony Phelps.

Et, tiens, parlant de Phelps, que j’ai eu brièvement au téléphone ce matin, il a fait paraître sous ce même titre sur le site CultureSud.com un texte où dialoguent sa poésie et ses réflexions sur la catastrophe qui s’est abattue sur notre terre natale.

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Boîte noire et réflexions

21/01/2010 · Pas de commentaires

Parus hier et aujourd’hui, deux textes à lire absolument sur le site de l’hebdomadaire culturel Voir: la chronique de mon compère écrivain Nicolas Dickner, un autre invité du festival littéraire «Étonnants Voyageurs 2010» qui l’a lui aussi échappée belle («La boîte de Rodney»); et ce billet dans le blogue de Josée LegaultLa compassion»).

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