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Les carnets web de l'écrivain Stanley Péan

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Miles Forever

12/07/2010 · Pas de commentaires

 Expo Miles

Sitôt revenu au bercail, sitôt revenu au boulot. En matinée, pas trop rouillé de ma semaine loin du micro au cours de laquelle j’ai été remplacé avec brio par le sympathique Vic Vogel, j’ai exceptionnellement enregistré l’émission qui sera diffusée en début de soirée à l’antenne d’Espace musique — étant donné que j’accompagnerai au Musée des Beaux-Arts de Montréal la quinzaine d’auditrices et auditeurs qui ont gagné le «privilège» de visiter en groupe restreint l’exposition multimédia «We Want Miles!» en ma compagnie.

J’en profite pour signaler à celles et ceux qui l’ignoreraient qu’Espace musique propose depuis peu, en complément à cette merveilleuse exposition, deux parcours sonores à écouter sur son baladeur en déambulant à travers Montréal. Ces deux itinéraires traversent le quartier des spectacles et s’achèvent tout près du Musée, où l’on peut jusqu’au 29 août poursuivre son exploration de l’univers du Prince des ténèbres. À signaler: pour illustrer musicalement ces deux parcours, le réalisateur Cédric Chabuel a fait appel à mon fils illégitime, le pianiste cubano-montréalais Rafael Zaldivar, Révélation Radio-Canada Musique 2010-2011.

Sur les traces de Miles

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Et le septième jour…

11/07/2010 · Pas de commentaires

Bon, rassurez-vous, je ne nourris aucune ambition messianique et sais pertinemment que je n’ai pas refait le monde au cours de la semaine qui prend fin. Mais je crois tout de même que je mériterais un brin de repos, même si je passerai en fait la journée en déplacement. J’ai quitté le Regency aux heures pâles du matin comme prévu et suis présentement à Amsterdam pour encore deux heures et quelques. J’entends comme à Heathrow ajouter quelques lignes, quelques paragraphes, voire quelques pages de plus à Bizango… et, sait-on jamais, si j’en ai l’inspiration et la force, si la pile de mon portable ne me lâche pas trop vite, je pourrais peut-être bien faire de même au-dessus de l’Atlantique.

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Jour 6 (suite): Le rendez-vous

10/07/2010 · Pas de commentaires

«Garderez-vous parmi vos souvenirs / Ce rendez-vous où je n’ai su venir,» chantait Claude Léveillé, qui avait couché les mots de Gilles Vigneault sur une mélodie de son crû. Moi qui ai tendance à voir la vie en musique, j’ai tout naturellement pensé à ce classique de la chanson québécoise compte tenu des rendez-vous manqués de la journée. Car, autre preuve de mon imprévoyance, Ian Shaw chante ce soir chez Ronnie Scott’s à guichets fermés – c’est dire que j’aurais dû me réserver une place par Internet depuis la semaine dernière. Au moins, j’ai finalement eu Ilana, cette amie londonienne de feu Paul Marchand, au téléphone et nous avons pu échanger un peu de souvenirs et d’impressions de cet être exceptionnel qui nous manque, en toute honnêteté, en toute lucidité, et sans tenter de le déifier. Paul aurait détesté ça, de toute manière, la déification: pas le genre de la maison!

Dans quelques heures à peine, je prendrai le chemin (aérien) du retour. Mon premier avion s’envolera de Heathrow vers Amsterdam à 8h40, ce qui veut dire que je devrai quitter le Regency à l’aube. L’autre, le vol Amsterdam-Dorval/Trudeau décollera à 14h45, heure locale. Comme j’en ai pour toute une journée de voyagement encore, je ne crois pas que je sortirai, en définitive. Installé bien confortablement dans ma chambre avec ce qui reste du demi de bourgogne blanc qui accompagnait mon suprême de volaille de tout à l’heure, je continuerai sans doute de bosser quelques heures durant sur Bizango, qui au demeurant a vraiment bénéficié de ce séjour loin du train-train quotidien. J’ai l’ambition de terminer mon roman pour la fin de l’été. Saurai-je tenir cette promesse faite à moi-même? Apparemment, il est là, le véritable suspense!

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Jour 6: L’écriture, cette sorte de jeu

10/07/2010 · Pas de commentaires

Je suis sans doute le seul à blâmer, parce que j’aurais pu me montrer plus prévoyant et faire un certain nombre de vérifications avant même de prendre l’avion, mais j’ignorais tout de la tenue de ce London Literature Festival, dont j’ai rencontré la dynamique et pétillante directrice, Rachel Holmes. Si j’avais mieux préparé ce voyage, j’aurais pu profiter davantage de cette manifestation où la littérature est mise à l’honneur; j’aurais par exemple pu braver ma fatigue jeudi pour aller entendre la romancière Andrea Levy parler de son nouveau roman, The Long Song, qui aborde la traite négrière.

Présentation de B. Trapido par R. Holmes

Trapido 1 Trapido 2

Qu’à cela ne tienne, j’ai au moins pu entendre cet après-midi au Royal Festival Hall Barbara Trapido, qui publiait récemment Sex and Stravinski, une romancière d’origine sud-africaine que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam, mais dont Rachel m’avait dit le plus grand bien hier. Présentée par Rachel, l’activité consistait en une causerie animée par une critique littéraire britannique dont le nom m’échappe (mais qui avait manifestement lu l’ensemble de l’oeuvre de Trapido), causerie entrecoupée de quelques extraits du nouveau roman, lus par la romancière elle-même. Je ne la connaissais ni d’Ève ni d’Adam, ai-je écrit, et je le déplore car j’ai découvert aujourd’hui une grande plume, maniée avec grâce par une femme aussi intelligente que sensible.

«[L'écriture de fiction] n’est vraiment pas une activité à laquelle s’adonnent les gens ordinaires, normaux; dans la vie, personne de normal n’entretient de rapports avec des être imaginaires, enfin pas après être entré dans l’âge adulte.
[...]
C’est un travail difficile et, en même temps, ce n’est pas vraiment du travail. C’est un peu une sorte de jeu.»

Barbara Trapino

* * *

Dans un autre ordre d’idée, je viens d’ajouter un autre rendez-vous manqué à mon actif; j’avais proposé par courriel à cette amie londonienne du défunt Paul M. Marchand de me rejoindre à la causerie de Mme Trapido, ce à quoi elle m’avait répondu qu’elle me rejoindrait plutôt après l’activité, au bistro du Festival. Mais comme je n’avais pas eu ce message et que j’avais bêtement oublié mon portefeuille et mon iPod où j’avais noté son numéro de cellulaire, comme je me retrouvais donc sans un sou au Southbank Centre, et comme j’étais sans nouvelle d’elle, je suis rentré par métro à l’hôtel et n’ai pris connaissance de son message qu’en arrivant… J’attends de voir si elle pourra me rappeler, si elle est encore libre pour aller prendre un verre à la santé de notre ami disparu.

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Jour 5: A sunny day in London Town

9/07/2010 · Pas de commentaires

Eh bien, si je puis me permettre de pavoiser un chouia, cette petite virée outre-Atlantique n’aura pas été vaine. En moins de quarante-huit heures à Londres, grâce au soutien indéfectible du Service culturelle de la Délégation générale du Québec ici, j’ai pu établir des contacts avec tous ces intervenants du milieu littéraire britannique qu’il me fallait rencontrer pour esquisser les projets susceptibles d’augmenter le rayonnement de la littérature québécoise au Royaume-Uni. Depuis ce matin, accompagnée de Marie Morin qui remplaçait son supérieur Colin Hicks à mes côtés, j’ai eu des discussions avec nommément Antonia Byatt, directrice stratégique en matière de littérature au Conseil des arts d’Angleterre; Rachel Holmes, la dynamique directrice de London Literature Festival qui bat présentement son plein dans la capitale anglaise et que je compte visiter demain pour y entendre Barbara Trapido; Shreela Ghosh qui préside aux destinées du Free Word Centre, une sympathique dame d’origine indienne dont le parcours biographique s’apparente étrangement au mien; ainsi que Kate Griffin, Mitchell Albert (un ex-patrié anglo-québécois) et Sarah Whyatt de l’International PEN.

Tous ces rendez-vous ont eu lieu sous le signe de l’enthousiasme — et les projets esquissés au fil de la journée traduisent une volonté réelle de collaboration et d’entraide qui me semble de bon augure. C’est une histoire à suivre, bien entendu, et je garde les doigts croisés pour la suite avec un optimisme qui, sait-on jamais, deviendra peut-être coutume chez moi, à la longue…

Londres au soleil Londres au Soleil 1 Londres au soleil 2

Londres au soleil 3 Londres au soleil 4 Londres au soleil 5

Après avoir remercié mon guide pour la journée, je suis rentré à l’hôtel en traînant délibérément les pieds, pour profiter au maximum du soleil radieux qui s’entête à faire mentir la chanson de Gershwin, jouant le touriste japonais avec mon nouvel appareil photo numérique. Du coup, j’ai pensé à cette précédente visite, au retour de l’île Maurice, au cours de laquelle j’avais fait le tour des monuments londoniens en compagnie de Nathalie. En un sens, je marchais symboliquement dans nos traces de pas d’il y a cinq ans. Tout près du Parlement, des manifestants réclamaient la fin de l’intervention en Afghanistan et le retour des soldats britanniques au bercail. «Be the change you wish to see,» proclamait l’une de leur bannière.

These people are bloody idiots, d’opiner pompeusement un badaud, sorte de politologue de salon. If we pulled out now, we will have accomplished nothing, except having our soldiers killed. We have the moral obligation to stay and finish this war…

L’obligation morale, mmmmoooouaaiis…

Environ deux heures de marche pour revenir au Regency, qui s’additionnent aux quatre-vingt dix minutes de ce matin pour aller rejoindre Marie au bureau du Conseil des Arts. Ma foi, si je ne prends pas garde, je pourrais bien retrouver la forme de mes 20 ans! En tout cas, mes talons enflammés me signalent que j’ai assez marché pour la journée.

Encore que l’envie soit très grande de ressortir vers le 606 Club tout à l’heure et de reporter ma désormais traditionnelle visite au Ronnie Scott’s à demain soir…

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Jour 4 (suite): Nourritures terrestres et autres satisfactions

8/07/2010 · Pas de commentaires

Le moins que je puisse dire, c’est que mes idées reçues en prennent pour leur rhume. Je n’ai rien contre, remarquez. À l’instar de beaucoup de monde, je suppose, j’entretiens certains préjugés dont l’un des plus tenaces concerne la gastronomie londonienne. À l’instar de beaucoup de monde, je suis convaincu que les Anglais natif-nataux n’apprécient rien autant que des plats de viande bouillie à la menthe et que règle générale il vaut mieux en Angleterre manger dans des restos ethniques et exotiques, genre indiens ou asiatiques. Comme prévu à mon agenda, je suis passé ce midi à la Délégation générale du Québec à Londres, pour y rencontrer le Délégué général, Pierre Boulanger, et ses collègues Colin Hicks (directeur du Service culturel, rencontré à la Maison des écrivains l’hiver dernier) et Brigitte Bertout (attachée aux Affaires publiques, responsable de mon séjour à Swansea). Et Hicks, qui m’accompagnait dans mes rencontres «diplomatiques» d’aujourd’hui, m’a invité à manger chez Roux, une brasserie à la française dont la cuisine n’a rien à envier à ses semblables d’outre-Manche: mes tagliatelles aux fruits de mer étaient succulentes. Et ce soir, épuisé par ma journée débutée trop tôt, j’ai paresseusement opté pour le service aux chambres… et j’ai eu l’agréable surprise de déguster un magret de canard servi sur un lit de risotto aux asperges qui m’a fait oublier tous les lieux communs sur Londres et la nourriture qu’on y sert.

Cela dit, je ne suis pas en Grande-Bretagne pour en évaluer les plaisirs de la table et je m’estime assez satisfait de mes discussions d’aujourd’hui avec la ravissante Sinead Russell du British Council d’abord, puis Simon Prosser et Craig Taylor du cyberzine littéraire Five Dials (Hamish Hamilton / Penguin Publishing) ensuite. À titre de président de l’UNEQ, ma«mission» en terre d’Angleterre a pour objectifs de multiplier les interfaces susceptibles de maximiser la promotion des lettres québécoises et de leurs artisans au Royaume-Uni et j’estime ce premier débroussaillage de bon augure. À plus forte raison maintenant que messieurs Prosser, Taylor et moi-même avons pu esquisser ce à quoi pourrait ressembler un numéro spécial de leur publication portant sur le Québec et sa littérature, une histoire à suivre qui me semble promise à de fructueux résultats, si vous me permettez cette optimisme dont je n’ai pas coutume d’abuser.

Et comme dirait l’autre, I’ll drink to that — en l’occurrence, le petit Bourgogne délicieusement fruité et sans prétention qu’on m’a servi à ma chambre avec le canard. Après quoi, une petite balade digestive s’imposera sans doute… Après vérification, je suis environ à trois quarts d’heure à pieds, en ligne droite, de chez Ronnie Scott.

* * *

P.S.: Mon amie Josée Galibois, qui a habité Londres pendant quelques années jadis, m’envoie sur le babillard du blogue l’adresse d’une bonne table polonaise tout près de mon hôtel; j’essaierai d’aller visiter d’ici samedi, c’est promis…

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Jour 4: Je vais à Londres, je vais faire mon cinéma…

8/07/2010 · 5 commentaires

Deviendrais-je plus enclin à l’angoisse avec l’âge? Apparemment, j’avais une telle crainte de rater le train Swansea—London Paddington que je me suis réveillé en sursaut environ quatre-vingt-dix minutes avant que résonne l’alarme programmée sur mon iPod. Vitement douché et rasé, j’ai remballé mes cliques et mes claques, je suis allé remettre ma clé à la réception des résidences universitaires et j’ai appelé mon taxi pas mal plus tôt que prévu. Même à ce cinquième séjour dans un pays du Commonwealth (en plus de mes deux précédentes visites-éclair à Londres, je compte mes voyages à l’île Maurice en 2005 et en Inde l’année suivante), je n’arrive pas à m’habituer à la circulation automobile à gauche de la route. Encore heureux que je n’aie pas à prendre le volant moi-même, ne sachant de toute façon conduire ni à droite ni à gauche! Arrivé à la gare avec une bonne heure et quart d’avance, je me suis permis de monter à bord du train qui est avant l’mien mais on prend tous le train qu’on peut, si vous me pardonnez ce nouveau clin d’oeil à Brel.

En soirée hier, alors que je profitais de ma solitude pour achever les rénovations à ce site saboté par un hacker l’automne dernier (j’ai notamment ajouté au haut de la colonne centrale ci-contre un timbre/hyperlien vers le site de Claude Robinson, en signe de solidarité), je suis tombé sur un courriel de la charmante Anna Davies daté du milieu de l’après-midi qui confirmait le lieu de notre rendez-vous manqué, où son partenaire et elle ont dû m’attendre en vain sous la bruine. Quelle bêtise de ma part, de n’avoir pas songé à vérifier mes messages avant de m’aventurer sans repère dans Mumbles! Tant pis. Comme je l’ai à Anna écrit en réponse à son mot, peut-être aurons-nous l’occasion de nous reprendre lors de mon prochain passage au pays de Galles ou lors de son éventuel périple de mon côté de la Grande Mare. (Et avec tout ça, je n’aurai pas eu l’occasion de remercier encore pour leur accueil si chaleureux mes hôtes de la Society for French Studies, dont le grand maître d’oeuvre Adam Watt, de Royal Holloway, dont le nom d’utilisateur sur son mini-portable me fait sourire encore ce matin: Doctor Watt! Savoureux…)

Regency-hotel-London

Les responsables de mon emploi du temps fort chargé dans la capitale britannique – nommément, le service culturel de la Délégation générale du Québec – m’ont réservé une chambre au Regency, dans South Kensington. Je doute qu’elle soit déjà disponible à mon heure d’arrivée prématurée mais j’espère au moins pouvoir y déposer mon bagage. Si les voyages forment la jeunesse, comme on dit, ils ne déforment pas trop non plus de vieilles carcasses comme la mienne (le croiriez-vous? j’ai trouvé cette semaine des poils blancs sur ma poitrine pourtant peu velue…!); aussi, ai-je réappris à la faveur de ma tournée européenne du printemps dernier l’intelligence de voyager léger: une valise sur roulettes et mon sac à ordinateur, voilà qui suffit amplement pour un séjour d’une semaine. Travelin’ light, comme le chantait Billie

* * *

10h37 dans le hall de l’hôtel, après trois heures et quelques en train: je me suis enregistré, mais ma chambre n’étant hélas pas prête, je dois attendre dans le salon très chic adjacent à la réception. Mon royaume pour une petite douche avant d’entreprendre la série de meetings à mon agenda!

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Jour 3 (suite): Swansea, cachez ces seins que je ne saurais voir…

7/07/2010 · Pas de commentaires

Swansea-panorama1

Pas de chance! Comme je viens de le raconter à la sulfureuse Red, croisée sur Skype au retour de sa séance de photo pour son album à paraître à l’automne, un rendez-vous manqué s’est transformé en petite marche sous une bruine tellement typique de ce coin du monde. Le pays de Galles, c’est l’Angleterre après tout. Et à défaut de prendre l’apéro dans Mumbles, comme je l’escomptais, je suis donc revenu vers le campus à pieds avec pour escortes un crachin et une brume dignes d’une chanson de Brel, en prenant tout de même quelques photos du littoral.

Mumbles     Mumbles 2     Mumbles 3

Mumbles 4     Mumbles 5     Mumbles 6, les «mamelles» en question

Mumbles 7     Mumbles 8     Mumbles 9

Bordée par sa large baie sablonneuse qui s’étend sur plus de 10 km, Swansea (Abertawe, en gallois) est la deuxième ville en importance de la région, après Cardiff que j’ai juste traversée en taxi. C’est apparemment la ville natale des poètes Dylan Thomas [1914-1953] et Harri Webb [1920-1994], ainsi que de la plantureuse Catherine Zeta-Jones. Tiens, en parlant de plantureux, Mumbles où je devais prendre un verre, pittoresque coin en retrait du centre-ville dont le nom évoque une morceau fantaisiste de Clark Terry, tient en fait son appelation de la série de presqu’îles qui évoquent des seins qui émergeraient de l’eau. Ce n’est pas une blague, Mumbles serait apparemment une déformation du terme français «mamelles». Faut le faire, avouez-le!

Demain, Londres.

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Jour 3: Le monde, le Québec et Camus chez les Gallois

7/07/2010 · Pas de commentaires

Bonne nouvelle: la connexion sans fil semble enfin fonctionner cet après-midi, ce qui n’est pas pour déplaire au cyberdépendant chronique que je suis! Le colloque vient de prendre fin et les adieux ont suivi le repas de midi trente. J’ai maintenant quartier libre, ce qui n’est pas pour me déplaire, compte tenu du rattrapage qu’il me faudra faire dans ma correspondance avant de quitter Swansea pour Londres demain matin.

Un peu plus tôt aujourd’hui (à 9h00, le croiriez-vous?), j’ai prononcé ma conférence, que j’avais intitulée «Littérature-monde en français: le monde au miroir du Québec» en souvenir de la formule stendahlienne sur le roman. Je m’étais fixé comme objectifs de brosser un tableau du contexte général qui a vu émerger ce concept de littérature-monde, de situer comment les écrivaines et écrivains québécois s’inscrivent dans ce contexte-là et de présenter une sélection de romans publiés au fil des vingt-cinq dernières années qui participent selon moi à cette redéfinition du rapport au monde (des oeuvres de Pierre Nepveu, Monique Larue, Émile Ollivier, Marie-Célie Agnant, Nicolas Dickner, Dany Laferrière et Dominique Fortier).

En complément de programme, parce que quelques-uns de mes collègues du colloque avaient exprimé un brin de curiosité à propos de mon propre travail de créateur, j’ai leur ai lu un extrait du Cabinet du docteur K, la nouvelle «Son jardin d’ombres», un des textes les plus sybillins.

Après ma communication, je me suis offert le luxe d’aller entendre les interventions, ponctuées par le cri des mouettes, de la séance sur l’héritage d’Albert Camus: «From Pacifism to Resistance: The Case of Albert Camus» par Mark Orme de l’University of Central Lancashire, «Islam: Camus’s Nemesis?» par Christine Margerrison de l’University of Lancaster et enfin «Camus, Bataille and the Moral of Revolt» par Nikolaj Lubecker de l’University of Aberdeen. Depuis deux jours, décidément, je renoue à la fois avec mes années d’université et avec mon adolescence d’adorateur de l’auteur de L’Étranger et La Chute.

Évoquée par Orme, cette citation de mon écrivain-phare témoignant de son inébranlable foi en la justice et en l’humanité, tirée de ses Lettres à un ami allemand:

Où était la différence? C’est que vous acceptiez légèrement de désespérer et que je n’y ai jamais consenti. C’est que vous admettiez l’injustice de notre condition pour vous résoudre à ajouter, tandis qu’il m’apparaissait au contraire que l’homme devait affirmer la justice pour lutter contre l’injustice éternelle, créer du bonheur pour protester contre l’univers du malheur. […] Pour tout dire, vous avez choisi l’injustice, vous vous êtes mis avec les dieux. […] J’ai choisi la justice au contraire, pour rester fidèle à la terre.

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Jour 2: Swansea by the sea

6/07/2010 · Pas de commentaires

Swansea by the sea

Bon, aucune intention de m’éterniser sur le blogue, compte tenu des circonstances. Comme le réseau sans-fil du campus refuse d’accueillir les invités du colloque depuis ce matin, j’ai dû emprunter à Adam Watt, l’un des organisateurs de l’événement son mini-portable Samsung (le geek en moi est sous le charme!) pour mes besoins nocturnes — hé hé hé, pas de mauvaises pensées, ma gang de vous-autres… ;-)  Il me reste juste beaucoup de courriels urgents auxquels répondre, un peu de recherche à faire avant de me coucher à une heure raisonnable, compte tenu du fait que je présente ma communication demain matin.

Alors, juste pour mémoire, je voulais consigner ici mes impressions de cette première véritable journée universitaire depuis une éternité, signaler comme ça le plaisir que j’ai pris à écouter Agnès Spiquel de l’université de Valenciennes discourir avec passion et intelligence de l’oeuvre et du destin d’Albert Camus. Mme Spiquel ayant placé la barre aussi haut, je me dois maintenant d’être à la hauteur. Mais je me sens inspiré et motivé; il faut croire que la petite récréation au bord de la mer en fin d’après-midi m’a vraiment stimulé. Plus de détails quand je pourrai utiliser d’un ordinateur au clavier adapté à mes besoins… Hé, pas de mauvaises pensées, je vous ai dit…

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